Edith Crash, Partir

Edith Crash se joue de plusieurs idées reçues, la première consistant à dire qu’on ne peut pas faire de rock en français. Surtout lorsqu’on l’enregistre aux US avec une de leurs pointures : Alain Johannes (QOTSA, Nosfell, Mark Lanegan, Brody Dalle, Arctic Monkeys … ).

Cette année, Edith Crash présente Partir, son troisième album. Rock, folk, stoner, blues, le charme de Partir réside probablement dans son intensité minimaliste porté par une Edith Crash à la croisée des chemins entre Josh Homme, Cantat et Mano Solo.

Comment est ce, travailler avec Alain Johannes ? Comment l’as tu rencontrer ?

Travailler avec Alain Johannes, c’était tout simplement magique. J’étais déjà une grande admiratrice de sa musique et de ses productions avant de le connaître personnellement. Un ami journaliste m’a aidé à prendre contact avec lui et j’ai tenté ma chance en lui écrivant pour lui présenter ma musique.

La première fois que je l’ai vu en chair et en os, j’ai eu la sensation de le connaître depuis longtemps. Je n’étais pas vraiment au courant de son histoire personnelle et ce jour là en discutant j’ai compris que notre rencontre n’était pas le fruit du hasard. J’étais en train de perdre ma mère qui était très malade et Alain venait de vivre une expérience similaire. C’était un moment très chaotique dans ma vie et savoir que nous allions enregistrer ensemble m’a aidé à garder la tête hors de l’eau.

Tu es française, tu a habité en Espagne, maintenant aux US … Comment ces pays ont influencé ta musique ? Pourquoi faire le choix du français et non pas de l’espagnol ou de l’anglais ?

Le fait de vivre autre part m’a aidé a me libérer et m’a permis de vraiment suivre mon instinct sur le plan musical. Je manquais énormément de confiance en moi quand j’étais plus jeune et le fait de découvrir d’autres cultures et de rencontrer toute sorte de personnes m’a permis d’avancer et d’être plus tolérante envers les autres et moi-même.

Pour le français, c’est venu naturellement, peut-être parce que c’est ma langue natale et celle qui est la plus ancrée en moi.

Qu’écoutais tu quand tu as enregistré l’album ?

Le nouvel album d’Alain Johannes “Fragment and whole vol1” qui venait de sortir. Dorian Wood, un artiste que que j’ai rencontrée en Californie, Barbara, Mano Solo, Nina Simone, Mark Lanegan, Wovenhand…

Est ce que le fait d’être une femme veut dire quelque chose de spéciale pour toi à l’heure d’écrire ou de préformer ta musique ?

Pas forcement à l’heure d’écrire mais c’est vrai que le monde la musique reste encore un univers très masculin surtout dans le rock. C’est dommage qu’il n’y ai pas plus de filles sur le devant de la scène, je crois que ça évolue petit à petit mais il y a encore beaucoup de travail pour changer les mentalités.

edith crash Partir_cover by florencia p marano_615

Si je te dis Noir Désir tu me réponds quoi ?

Noir désir est un groupe très important pour moi, c’est un peu la bande son d’une partie de ma vie. Aujourd’hui il est difficile de parler d’eux sans penser à Marie Trintignant mais je ne suis pas là pour juger ce drame. Musicalement ça reste à mon avis un des meilleurs groupes français.

Si je te parle de blues et de stoner ?

C’est deux styles que j’écoute beaucoup et qui donc m’influencent forcement. Je suis très fan du vieux blues brut et dépouillé, Blind Willie Johnson, David « Honeyboy », skip james, c’est pur et sincère, sans artifice. Mon amour pour le stoner et venue plus tard quand j’ai découvert Kyuss, Queens Of The Stone Age, The Desert Sessions, c’est aussi une musique qui sort des tripes.

J’ai des images de Road trip en tête quand j’écoute ton album. Si tu devais mettre une image sur ta musique, quelle serait elle ?

Une seule image c’est difficile. La première chose qui me vient à l’esprit c’est une longue route déserte, éloignée de la civilisation.

Quelle question ne t’a-t-on jamais posé en interview et à laquelle tu voudrais répondre aujourd’hui ?

Si tu retournais en arrière est ce que tu choisirais la même voie?

Oui sans l’ombre d’un doute même si la vie de musicien demande pas mal de sacrifices, c’est important de faire ce qu’on aime.

© Florencia P Marano

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